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Cafés, Décisions, Travail

” Travailler plus de 12h par jour pour pouvoir me payer ma formation de barista”

J’ai rencontré Jiwon, 23 ans, au festival du café de Seoul en Octobre dernier. Grande consommatrice de café, l’odeur savoureuse de son stand m’a interpellée et je suis donc allée à sa rencontre.Jiwon proposait différents sirops et liqueurs de café provenant d’Afrique et d’Inde. Le sirop de café est généralement utilisé pour sucrer les pâtisseries. Jiwon m’explique que la liqueur de café connaît un certain succès en Corée du Sud depuis quelques années maintenant.

Lors d’un voyage en Europe, il constate que les gens sucraient énormément leur expresso et cette anecdote l’a beaucoup marquée. Depuis, il fait de nombreuses recherches concernant la culture du café dans les pays qu’il a pu visiter et le café devient sa passion.

Pendant ses deux premières années d’études en marketing, Jiwon passe plus de temps à découvrir les cafés de Seoul qu’à faire ses devoirs. Résultat: c’est l’échec scolaire. En Corée du Sud, l’université a un certain coût et la réussite scolaire des enfants est la priorité des familles Coréennes.

Jiwon décide d’arrêter l’université et de se consacrer à sa passion, qui elle aussi, a un coût . Cette décision ne plaît pas à ses parents qui refusent de lui payer la formation de barista. Ainsi, pendant un an et demi, il va accumuler plusieurs emplois étudiants afin de se payer sa formation. Jiwon ne retiendra de ces deux dernières années que des nuits blanches sans fin. Livreur le matin et serveur le soir: des journées de plus de 12h pour être payé une misère et une pression permanente de la part de ses employeurs. Quand il rentre chez lui vers 23h, il reçoit des messages de son patron lui demandant de revenir travailler car ” sa famille l’attend à la maison”. Ppalli, ppalli, vite vite, l’objectif est bientôt atteint.

Son rêve se réalise lorsque son maître lui tend enfin son certificat de barista.

Depuis Jiwon gravit les échelons petits à petit et ne regrette pas son choix d’avoir quitté le monde universitaire. Les débuts dans le milieu ont été difficiles notamment à cause de la concurrence. Jiwon arrive à se faire démarquer dans le premier café qui l’embauche et va rapidement gagner des prix lors de concours régionaux . Aujourd’hui il commence  à devenir de plus en plus célèbre dans ce petit monde. Jiwon travaille tous les jours de la semaine dans un café mais également dans son centre de formation mais ne voit pas les heures passer. «  Je veux vibrer au quotidien » .

Au début de cette aventure, ses parents ne pouvaient envisager que Jiwon choisisse volontairement de se mettre en situation précaire. Que diraient les voisins ou pire, la famille ? Quelques années plus tard, leur discours a changé et ils sont fiers de leur fils.

« N’abandonnez jamais vos rêves » me dira-t-il avec un grand sourire.

Comme Jiwon, avez-vous pu réaliser vos plus grands rêves ?

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1 Comment

  • Reply Debra

    Its like you read my mind! You seem to know so much about this, like you wrote the book in it or something. I think that you could do with a few pics to drive the message home a little bit, but instead of that, this is mageificnnt blog. A great read. I will definitely be back.

    28/12/2016 at 14:46
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