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Décisions, émotions, Travail

L’autisme en Corée du Sud : le déni d’une nation ?

 Comment est traité l’autisme, aujourd’hui appelé trouble du spectre de l’autisme, en Corée du Sud ? La réponse est difficile à donner puisque les recherches et les statistiques concernant le sujet sont quasi inexistantes. De nombreux professionnels continuent de penser que l’autisme est un état émotionnel. On sait aujourd’hui qu’un enfant sur 38 serait atteint de ce trouble dans le pays. Une fréquence encore sous-estimée au pays du matin calme.

Des recherches peu nombreuses

Une étude réalisée par des chercheurs Canadiens, Américains et Sud- Coréens en 2011 a révélé une prévalence des troubles du spectre autistique ( T.S.A ) de 2,64% en Corée du Sud. La recherche a porté sur un échantillon d’environ 55.000 enfants âgés de 7 à 12 ans : parmi eux, ¾ des enfants atteints d’autisme n’avaient jamais été diagnostiqués auparavant. Les statistiques sont alarmantes. Une grande majorité de la population passent encore une grande partie de leur vie sans savoir qu’ils le sont. Alors comment expliquer ce retard ? De nombreux professionnels de santé n’ont jamais été formés au diagnostic de ce trouble. Mais pas que.

Depuis de nombreuses années, l’intégration des personnes handicapées dans la société Coréenne a toujours été lente voire un sujet tabou. Les enfants souffrant de déficiences mentales et physiques n’ont pas accès aux soins de santé nécessaires. Beaucoup d’entre eux ont été cachés dans des fermes, vivant reclus de la société.

En Corée du Sud, les personnes handicapées se voient attribuer une « note » de 1 à 6 et les avantages sociaux sont basés sur cette note. Les prestations dépendent de la catégorie de l’invalidité, ainsi que d’autres conditions, par exemple, le revenu de la famille et l’âge de la personne handicapée. Il est clair que ce système de note, instauré en 1988, est complétement dérangeant. Comment peut-on classifier un être humain de telle sorte ?

D’autres avantages incluent le transport public gratuit, l’accès à la formation professionnelle, des services de soins personnels, des soins infirmiers, et des traitements de réadaptation. Le gouvernement travaille également avec le secteur privé pour fournir des remises spéciales sur les services téléphoniques, internet et sur les billets d’avion. Mais encore une fois, toutes personnes handicapées devraient se voir garantir l’égalité d’accès aux services publics.

Avoir un enfant handicapé est une honte pour beaucoup de familles Coréennes. Le handicap relève d’un fardeau mal perçu dans le pays. Beaucoup de jeunes sont tenus à l’écart. 

Une prise de conscience depuis 2005

Depuis quelques années, l’autisme est au cœur du cinéma et des dramas en Corée du Sud : l’enjeu premier est de sensibiliser au handicap et aux différences.

Le film Marathon (2005), basé sur l’histoire vraie de Bae Hyeong-Jin , atteint d’autisme, a reçu de nombreuses nominations et a suscité beaucoup d’émotions dans le monde entier. Dans le film, Cho-won est un autiste de vingt ans qui rêve de participer à un marathon. Pour l’aider à le réaliser, sa mère lui trouve un entraîneur, ancien champion de marathon. Le film traite de l’autisme mais également des relations humaines. Il permet à des milliers de familles Coréennes de se familiariser avec ce trouble.

Le drama Good Doctor (2013) traite l’histoire de Park Si On, autiste Asperger, rêvant de devenir chirurgien pédiatrique malgré ses difficultés dans les interactions sociales et comportementales. Il a 6 mois pour faire ses preuves afin d’intégrer l’hôpital. Le drama rencontre un immense succès dans le pays. Une histoire poignante.

Et aujourd’hui ?

Après leur sortie sur grand écran, on a observé une plus grande sensibilisation des professionnels de santé et des parents.

Il existe aujourd’hui des centres et associations spécialisés dans l’accompagnement de personnes atteintes d’autisme comme l’association A.S.K ( Autism Society of Korea ) ou encore l’Autism Partnership Korea proposant la méthode ABA ( Applied Behavior Analysis ). L’ABA comporte un programme de techniques de modification du comportement et de développement de compétences. Pour plus d’informations concernant cette méthode, l’article suivant pourra vous aider.

Si l’autisme est aujourd’hui pris en charge en Corée du Sud, les défis qui restent à relever sont encore très nombreux.  Le chemin à parcourir est encore long …

Pour en savoir plus sur le trouble autistique et le syndrome Asperger, je vous invite à lire le témoignage poignant d’Hugo Horiot dans son livre L’empereur c’est moi.

 

 

 

 

 

 

 

 

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1 Comment

  • Reply Bleu Lou Morgan

    Merci pour cet article. Je tiens juste à préciser qu’on n’est pas atteinte par l’autisme, ni avec autisme, ni souffrant d’autisme car ce n’est pas une maladie, on est (nait) une personne autiste. L’autisme est une différence neurologique pas un trouble, par contre les personnes autistes sont en situation de handicap dut à une société adapté au non-autiste et peuvent avoir des comorbidités comme la dyslexie, dysphasie et dyscalculie. Un autiste peut être haut potentiel ou déficients mentals comme une personne non-autiste, ce n’est pas systématiquement un génie ou un retardé. Voilà, ces précisions montre à qurl points la Corée a encore beaucoup de chemin à faire (tout comme la France d’ailleurs). Signée une autiste asperger militante.

    08/05/2018 at 00:19
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